Aller d'illusions en illusions afin d'oublier celle qui est à l'origine de tout. Chercher à pouvoir s'accrocher à n'importe quoi pour ne plus tomber. Mais jusqu'où ? Combien de temps faut-il se battre, et sombrer dans toutes sortes de folies pour enfin retrouver un dénouement correct ? On prétend toujours n'avoir besoin de personne, se contenter de notre situation, ne pas avoir besoin d'aimer. On finit par haïr cet amour, ne plus y croire, ne plus croire en rien. On change complètement, on perd tout ce qui faisait ce qu'on était. Disparu le goût de l'innocence, du rêve, de la douceur, de l'espoir. On vit pour l'Illusion et son plaisir, lui-même illusoire. Mais rien n'est vrai. J'ai réussi à admettre certaines choses très importantes, et en le faisant, j'ai réalisé que j'en avais fait mon but, là, tout au fond, imprécis, non concret, mais apportant de la force. Et maintenant que je l'ai perdu, il a fallu que je me retienne à autre chose, peu importe quoi. Mais quand cette autre chose disparaît aussi, que le mensonge recommence... Les mensonges, tellement de mensonges, de faire semblant. Ne serai-je toujours qu'une fille de passage ? Peut-être que je ne suis pas assez bien. Pas assez belle, pas assez intelligente, pas assez drôle, pas assez sérieuse, pas assez charmeuse, pas assez réservée... qu'est ce qu'il faut être en fin de compte ? Soi-même, d'accord. Mais si on finit toujours par être remplacé... pourquoi, même quand on se donne, on donne son coeur, sa confiance, tout, comment peut-on se faire devancer ? Pourquoi on nous fait toujours croire qu'on est l'élu, quand ça finit par être une autre ? On a toujours besoin de quelqu'un. LE quelqu'un. Probablement pour se rassurer. Souvent pour oublier. Mais vouloir oublier emmène à devenir insensé. Oublier, c'est y penser, donc ça ne cesse jamais. Tout faire pour se prouver qu'on est bien. Juste bien. Ne pas savoir ce qu'on veut, ce qu'on fait, qui on est. Tout avoir et pourtant, ressentir un vide quelque part. Qu'est-ce ? Il faut privilégier le désir à la possession, tout paraît merveilleux quand on le désire, et il vaut mieux s'en contenter, car assouvir le désir finalement, c'est le début de sa propre perte. Désir, plaisir, passion. C'est bien. Mais il manquera toujours quelque chose dans tout ça, c'est évident. Et cette chose fait peur quand on l'a connu et qu'elle a fait tant de mal, et quand elle semble ne plus jamais réapparaître. Vous marchez en vous sentant cabossé de tous les côtés par sa faute. Pourtant, j'aimerais croire à nouveau. J'aimerais aimer y croire et rêver.
A quoi s'accrocher ? Là, je sais plus. Difficile d'admettre que vous avez changé de sentiments à propos de la personne qui avait pourtant pris toute la place dans votre coeur. Parce que finalement, s'y accrocher, c'était se rassurer, rester dans le connu, le moins effrayant, l'innocence, mais... il est plus vivable de se faire une raison. Et apprendre à ne pas avoir besoin de dépendre d'une personne, d'une idée, d'une incertitude... une illusion.
Car je sais désormais que c'est possible. Il n'y a pas que toi. Plus maintenant.
J'ai besoin de me retrouver.